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Legenda A "Fata Sapiens"

Chapitre V -Indicium-

le 13/08/2006 à 23h39

Morgan se balançait toujours de droite à gauche sur le fauteuil  du Maire. Elle réfléchissait… filer discrètement, aller prévenir le prince.. ne pas suivre les ordres ..


Ou, attendre bien sagement, se laisser finalement mener par les deux guerrières qu’elle jugeait bien plus inexpérimentées qu’elle.. ?


Sortir, risquer de se montrer au monde, sans « déguisement » humain, elle le savait très bien, cela lui vaudrait les foudres de son aînée !!


Elle continuait de se recroqueviller au fond du siège, tapant de la paume des mains sur la tranche du bureau. Elle provoquait ainsi, un tour dans un sens, puis un tour dans l’autre… quand elle cessa brusquement tout mouvement !


Ses petites oreilles fines et allongées s’étaient dressées !


Un bruit de pas .. oui c’est bien ça !


Elle se laissa glisser sous le bureau. La jeune magicienne incanta rapidement un sort de lévitation à son corps ;


« Sublatus Sedendo » chuchota-t-elle.


Et ses pieds se soulevèrent du sol.


Elle fit ainsi, pour deux raisons pensa-t-elle ; la première, elle ne voulait pas encore rejoindre ses deux acolytes et n’avait pas encore pris de décision. La seconde ; qui sait, peut être était-ce là un humain, et ainsi il valait mieux se cacher !


Le craquement du plancher se rapprocha jusqu’au bureau. Ce ne pouvait être les deux guerrières… le pas était trop lourd, trop lent.


C’est alors qu’elle sentit que la personne faisait demi-tour…


Elle tendit le cou, retint ses cheveux avec ses mains, et glissa son front puis ses yeux sous le bureau.


L’image inversée d’une personne massive apparut brièvement dans la pénombre.


« Je suis sur d’avoir entendu quelque chose ! » dit la masse devenue informe.


Le ton et la prononciation rappelait celle d’un bébé .. un gros bébé !


« …on s’en fiche … aide moi à passer … devant »


Une seconde personne était là … mais la voix de cette dernière et sa difficulté à parler trahissait un age avancé..


Intriguée, Morgan resta un instant sous le bureau.


Elle se perdit tellement dans ses pensées qu’elle interrompu involontairement son sort de lévitation. Elle tomba au sol et se fit mal à la tête..


« HOUUUYYYE !!! »


Elle se camoufla la bouche de ses mains et pensa:


« ZUT ! ZUT ! ZUT !! je vais me faire repérer… »


Elle venait de crier un peu fort sous le coup de la douleur et du choc.. puis elle continua dans ses pensées :


« Qu’est ce qu’elles sont idiotes ! Arylwren a tort ! Je suis capable de lui expliquer la situation !! Sinon pour qu’elle raison Adeyna m’aurait elle choisit pour assurer l’intendance ?? hein ? »


Elle cherchait, après avoir vociféré intérieurement contre ses acolytes, à se convaincre d'être faite pour cette mission qui lui permettrait de briller au plus haut rang une fois accomplie…


Une minute, peut être deux s’écoulèrent…


La jeune prêtresse était repartit dans ses pensées, accroupit sous le bureau du maire.


Quand tout à coup ;


« BLOOOP »


Un nuage de fumée éclata à seulement quelques centimètres de son nez. Cela la fit sursauter et elle tomba à la renverse.


C’était Lévaïc, le petit chat, il semblait effrayé.


« N’aillez crainte ! Je suis ici au service de votre maîtresse Arylwren !! » Dit il dans un souffle.


La pauvre jeune fille resta ébahie sur le plancher.


Il tournait à présent en rond, regardant de toutes parts…


Morgan était toujours bouche bée…


Le chat se remit devant elle et lui dit ;


« Une sorcière, une très puissante !! Elle monte !! Vos amies sont en danger !! »


Il était réellement apeuré.


« Ce ne sont pas mes amies ! »


Et elle tourna les tallons toujours assise par terre, les bras enroulés autour de ses genoux.


Lévaïc resta à son tour pétrifié… comment pouvait elle réagir ainsi ???


Elle boude !! Se dit-il.. mais elle ne mesure pas la gravité des événements ! !


Il était complètement abattu par sa réaction.


« Mais enfin, vous ne comprenez pas ! Elle vont se faire massacrer ! »


Tout en lui parlant, il se jeta littéralement sur elle, debout, les pattes arrières sur ses jambes et celles de l’avant sur sa poitrine.


« AÏÏÏE !! »


Elle fut plus surprise que blessée, puis elle lui répondit ;


« Et alors qu’est ce que je peux y faire ? Je suis qu’une incapable ! »


Elle s’entêtait…


« Mais pas du tout ! »


La créature redescendit un peu …


« -Vous n’êtes pas si frêle, ni si empotée, ni…


-…A oui ! Prouvez le moi ! »


Elle venait de le couper, il détestait ça.. mais il prit sur lui, des choses bien plus graves que ses sentiments étaient en jeu.


Lévaïc chercha donc une nouvelle idée..


« Montez et battez cette sorcière ! »


Il prononça bizarrement cette phrase, qu’il avait sortit sans même y réfléchir une seconde. Sa voix se perdit entre l’autoritaire, celle de l’ami qui donne un conseil avisé et la petite voix anxieuse que l’on prend pour demander quelque chose que l’on est pourtant sur et certain de ne jamais pouvoir obtenir.


Elle baissa la tête en direction de la sienne… il lui sourit…  mais son visage à elle resta crispé pendant qu’elle lui dit ;


« Et avec quoi ? »


En effet, la pauvre enfant n’avait reçu comme enseignement que le strict minimum. Arylwren ne se souciant guère de ce qu’elle pouvait savoir.


« Vous devez être forte ! C’est obligé ! Yansha ne vous aurait pas soutenue pour votre nomination … »


Puis il ajouta entre les poils de sa moustache


« … je l’espère en tout cas ! »


Elle était troublée, elle ne savait plus que penser… et le fait que ce soit le père des sœurs prêtresses qui l’ait choisis la troubla d’autant plus. Elle avait toujours cru que c’était leur mère et non pas le père qui l’avait "choisit".


« Et je fais comment MOI ? hein ? Si elle est si puissante, et que je ne sais rien .. »


On sentait dans sa voix, de la panique, et de la colère…


C’est alors que le chat se remit sur la prêtresse et lui dit ;


« Ca va faire mal.. »


Et avant même de finir sa phrase, il lui planta ses griffes dans le cou.


« AAHRGHH »


Elle hurla de douleur. Ils s’évanouirent alors tous les deux dans un nuages de fumée.


Ils réapparurent dans la salle de classe du premier étage, où ses deux acolytes montaient la garde.. elles ne bougèrent pas d’un pouce.


« AAAHH !! mon cou !! Mais c’est atroce ! »


Elle se frotta la peau à l’endroit où il s’était accroché, puis reprit en disant ;


« Héy, vous connaissez ce chat ? »


Lança-t-elle aux jeunes femmes. Elle n’eu aucune réaction de leur part.


« Hé ho… »


Elle leur fit des signes, toujours assise par terre..


« Elles ne peuvent pas nous voir ni nous entendre ! »


Lui dit Lévaïc.


« Comment ça ? »


« C’est une des choses que je sais faire le mieux… et tout ce que j’espère c’est que Viridiana ne puisse pas nous voir également ! »


Il était anxieux.. il s’était toujours débrouillé pour esquiver le danger. Mais aujourd’hui, il sentait que fuir n’était plus possible. Il devait prendre une décision. Chaque petites décisions peut avoir son importance, et de lourdes conséquences…


« Vous devez être prête ! Quand elle entrera, il nous faudra agir immédiatement ! Ne vous occupez pas de la montagne de muscles ! Elles s’en chargerons… mais contre elle, elles sont déjà foutues ! »


Il reprit sa respiration et enchaîna ;


« Mais heureusement, vous êtes là ! »


Il sentait les deux adversaire s’approcher… lentement, ils avançaient dans le couloir..


« Vous savez vous concentrer.. le sort de lévitation n’est pas donné à tout le monde… »


Elle tenta de l’interrompre, mais il l’en empêcha..


« …Les questions, après ! Je veux que vous vous concentriez !


Quand  ils entreront… il sera devant, elles sont entraînées, elles sauront réagir !


Vous serez invisible à leurs yeux et aux leurs jusqu’à ce que vous lanciez votre première attaque ! »


Il reprit à nouveau son souffle… le temps pressait..


« Ne vous mettez surtout pas entre la porte et elles ! »


Elle lut dans ses yeux que ce n’est ni un ordre ni une recommandation, mais de la logique, et qu’il voulait s’assurer que c’était bien clair .


« Nous sommes invisibles, pas des fantômes, on peut nous toucher !! »


« Ok j’ai compris ! »


L’anxiété montait, et se sentait dans sa voix.


« Maintenant, répétez,  Restan a efre. Ha el hlystan ! »


Elle répéta…


« Restan a efre. Ha el hlystan »

 



« Quand vous l’aurai en face de vous, dites l’incantation en rimes et en rythmes, tout en levant la main au ciel… et quand vous aurez finis, abaissez la main d’un coup en la pointant du doigt ! »


Ses yeux se perdaient à droite, à gauche, elle cherchait à assimiler le cours impromptu qu’elle recevait à la volée.. et répondit ;


« Ok ! »


Ok, elle ne répondait que cela, Lévaïc s’étouffa presque dans une expression du visage indescriptible.


Elle reprit alors ;


« Et vous ? »


« Quoi moi ? »


« qu’allez vous faire ? »


Le chat ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit…


C’est alors que dans un vacarme assourdissant et déstabilisant, la porte éclata en morceaux…


Comme prévu, les guerrières réagirent aussitôt. Le colosse valdingua par terre, sous les charmes lancés en rafales par les deux jeunes femmes, laissant place à Viriliana. Un petit sourire au coin des lèvres, la vieille femme leva le bras lentement…


Les guerrières étaient paniquées, leurs sort rebondissaient littéralement sur elle !


C’est alors que Lévaïc montra son rôle…


« Allez Morgan ! c’est le meilleur moment elle est occupée !! »


Pétrifiée devant le danger, elle hésita une seconde, et ce fut la seconde de trop, vanina fut transformée en poussière… Sa sœur  d’arme eut une bouffé de rage et se précipita sur la sorcière, son épée à la main, coûte que coûte !


Que se passa-t-il dans l’esprit de Morgan, elle seul le sut à ce moment là…


« Restan


a efre.


Ha el hlystan ! »


Elle exécuta à merveille le mouvement. La sorcière fut projeté à travers tout le couloir et dévala les escaliers. Le sort du chat fut ainsi rompu. Ursula qui était arrivée à la porte, se retourna et vit la jeune prêtresse pétrifié par la puissance du sort qu’elle venait de lancer.


« Toi ! »


Elle n’en croyait pas ses yeux elle non plus.


Elle tourna la tête vers son aînée tout en abaissant le bras…


« Mais Arylw… AAAH »


Un bruit de métal vint rompre les paroles d’Ursula.


Le guerrier l’avait eut; il n’était pas mort. Il retira sa lame… et lui permit ainsi de prononcer ses derniers mots devant Lévaïc et Morgan, complètement abasourdis par la férocité du bruit et la violence du coup..


« Pour ma prêtresse Arylwren et Vanina… »


Une larme coula sur sa joue.


« …bats toi ma petite Morgan ! Bats toi ! »


Et elle se retourna pour décapiter d’un coup le géant qui tentait de se relever en s’aidant de son épée, avant de s’effondrer à son tour.


Morgan cria ;


« URSULA !!! »


Elle se précipita sur son corps… du sang coulait de sa bouche.


« Ursula ! Non ! »


Elle était en pleur.


Lévaïc les rejoignit, mais resta quelque peu en retrait..


« Morg-an… »


Le sang l’empêchait de parler..


« Accomplis ta mission ! TU … »


Elle était à bout de souffle.


« Tu en es capable ! »


Elle dit cette phrase dans un souffle puis elle s’effondra dans les bras menus de Morgan.


Elle la déposa à terre, puis se mit à pleurer et à taper du point sur le corps sans vie de la guerrière. Elle emplit ainsi sa robe si blanche, et si pure, de sang…


« Vous devez changer de lieu et rapidement !! »


Lévaïc était conscient de la peine de la jeune femme…


« Et vous changer également ! »


Mais mille ans de cruauté, de combats et de sauvagerie avait eut raison de sa compassion…


« Vous pourrez pleurer leurs disparitions, mais quand vous serez à l’abri ! »


Il laissa passer un instant puis il reprit, dans l’espoir de la persuader, en s’en prenant à sa curiosité…


« Je me suis toujours demandé pourquoi… »


Le petit silence qu’il laissa suffit à attirer l’attention de Morgan. Ses sanglots se furent moins bruyants… et Lévaïc enchaîna ;


« …pourquoi Yansha vous avait choisit… »


Il attisait sa curiosité… il la voyait monter dans ses yeux…


Ses yeux devenaient moins humides… elle était prête, oui, elle l’était à ce moment là précisément…


« Yansha était un mage très puissant… EST un mage très puissant »


Il insistât sur le temps…


Et Morgan lui rétorqua sèchement entre deux sanglots ;


« Yansha est mort ! »


Il y était parvenu… lui faire penser à autre chose…


« Oui évidemment, tout le monde sait que l’on peut se recueillir devant son mémorial… »


Un doute apparut dans les yeux de la jeune femme… elle était toujours penchée sur le corps d’Ursula…


« Et évidemment, ce mémorial, il est construit pour nous rappeler que personne n’est éternelle, ni tout puissant… »


Il marqua une courte pause..


« A chaque générations, les pouvoirs transmis s’affinent ! Yansha et Arylwren savaient que leurs enfants seraient extrêmement puissants !


Il grimpa sur une table,


« Ainsi, à la naissance des triplets, certaines dispositions furent prises ! »


Il s’assit, et la jeune fille releva un peu son corps et sa robe maculée de sang. Elle caressa le visage de la défunte, elle l’embrassa sur chaque joue, puis elle dit ;


« Nous n’étions jamais en accord et tu ne m’aimais pas … mais toujours j’ai eu beaucoup d’estime pour toi ! »


Il la laissa finir en ronronnant, puis il reprit ;


« Ces mêmes "dispositions"… »


Il insista sur le mot


« …nous ont amené ici ! »


Il se remit à marcher, se déplaçant de manière à détourner le regard de la prêtresse, du corps sans vie qui restait dans ses bras…


« Pour soutenir, et pour aider au mieux les enfants, des "aides", toutes des femmes, leurs furent choisies… Dès que tu as été placé dans les pattes d’Arylwren, il en fut de même pour Amandine,  Stella, comme elle désir qu’on l’appelle maintenant, et c’est en fait son nom de naissance… Et Vallens, Maximilien, nom stupide que les humains lui ont donné… »


Il parlait avec un certain dédain…


« Je suppose que ce sont les dires de ma maîtresse.. »


Dit Morgan méchamment, à la grande surprise de Lévaïc qui ne s’attendait pas à l’entendre parler aussi tôt.


« Heu, oui, en effet… »


Il cessa de bouger, il aurait rougit s’il avait eu de la peau.


« Maintenant, ce que je sais, c’est que, le prince, comme tout le monde semble attaché à l’appeler en ce moment… Lui, ne sait rien de tout cela ! Pas même qu’il a était adopté.. »


Morgan n’avait jamais connu ses parents elle non plus…


« La tactique de vos deux comparses était d’organiser un enlèvement… »


Elle ne sut quoi répondre, elle n’en savait rien, mais Lévaïc enchaîna rapidement ;


« Il ne faut en aucun cas s’y prendre ainsi !! »


« Et comment faut il s’y prendre alors ? »


Elle devenait impatiente de connaitre les secrets que le petit chat pouvait lui transmettre…


« Il faut que ce soit sa mère qui le lui apprenne ! »


Elle resta étonnée, se demandant comment cela pouvait être possible … mais après tout, ce devait être elle qui était sensée le guider… elle est la mieux placée pour cela.


Mais Morgan se posait toujours une question…


« Et comment allons nous nous y prendre pour qu’elle le fasse ? »

Chapitre IV -Familiaris-

le 07/06/2006 à 18h14

Sophie croisa Juan dans le couloir, elle était toujours soucieuse à cause de cette rencontre mais ne laissa rien paraître à son beau-père ;


« Bonjour »


Dit-elle avec enthousiasme.


« Sophie. Ca fait vraiment plaisir de vous voir ici. »


« Je me rends compte à présent que j’ai eu tord de repousser aussi longtemps vos invitations ! C’est magnifique ici ! »


Elle accompagna ses derniers mots par un mouvement des bras et des mains comme si elle voulait lancer des poignées de confétits en l’air, puis les laissa retomber en les faisant claquer contre sa longue jupe de soie bleu foncé.


« Allons ne dis pas de bêtise ! Je sais très bien que ce sont les affaires de Max qui t’en ont empêché ! »


Elle se dandina sur place et leva les yeux au ciel sans démentir…


« Mais vous voilà ! Et nous tenons à profiter de vous au maximum, car je pense que ce n’est pas de sitôt que l’on va se revoir… Nous trouverons a nous occuper demain. Je crois que pour le moment tu veux te reposer. La route est longue depuis PARIS. Ta chambre est juste au fond, là ! »


Il lui indiqua la porte avec un grand sourire.


« Merci, à plus tard »


Juan redescendit tandis que la jeune mariée entrait dans la chambre.



« Alors ? Comment tu trouve ? »


La voix provenait de derrière la porte de l’armoire ouverte, à sa droite.


« C’est génial !! »


Elle referma la porte, mit ses points sur ses hanches, détailla la chambre, de bas en haut puis de gauche à droite ;


« Il ne reste plus qu’a tester une chose… »


Elle prit deux petits pas d’élan et se jeta en se retournant pour atterrir sur le dos dans le lit qui faisait face à la porte.


Max la regarda, sourit, puis l’imita. Elle se blotti contre sa poitrine ferma les yeux et dit, juste avant de s’endormir ;


« Enfin des vacances tous les deux ! »


 


Quand elle se réveilla, le lit était vide.


Elle regarda sa montre, 18h30.


Après cette sieste de quatre heures, elle se sentait requinquée pour la soirée. Elle en avait même oublié ses appréhensions à propos de la cuisinière.


Elle se leva d’un coup et sentit sa tête tourner, elle attendit un instant que ça lui passe puis décida de descendre.


Au bout du couloir, elle entendit un flux de paroles incompréhensibles, accompagnées d’une musique d’ambiance produite par une chaîne de télévision musical, qui s’élevait de la salle principale.


Arrivée en bas, Max lui fit signe depuis le comptoir. Il discutait avec deux hommes, apparemment du troisième age, qu’il avait sans nul doute connu dans son enfance. Il s’excusa et rejoignit sa femme. Elle avait à peine fait quelques pas quand son mari la pris par le bras et lui dit ;


« Des promeneurs ont trouvé un corps ! »


Max était comme çà, direct, sans détour…


« Quoi !?! »


Elle ne s’attendait absolument pas à ce qu’il lui dise çà. Elle passa la salle en revue et aperçue qu’une des tables était occupée par les gendarmes qui mangeaient.


Curieuse de nature elle demanda spontanément ;


« Qui es-ce ? Et où ? »


Dans un état d’excitation perceptible Max lui répondit ;


« Il ne savent pas ! Ce n’est pas quelqu’un du coin… ça s’est passé près de la route. …  Et d’après leur légiste, cette nuit. »


Elle quitta les uniformes des yeux et regarda son mari, inquiète ;


« On est passé à côté et on a rien vu ? Tu leur as dit ? »


Il la pris à présent par les épaules ;


« Non non ! Je te rassure, ça c’est passé de l’autre coté du village ! Tout près du sentier de randonnée… »


Sophie fronça les sourcils, elle sentait de plus en pus l’excitation d’un mystère à résoudre monter en son époux, et elle lui dit un peu fort ;


« …PAS QUESTION ! »


Il fut surpris, tout comme les clients qui les entouraient. Les discutions s’étaient arrêté l’espace d’une seconde. Il se rapprocha de l’escalier, entraînant sa femme avec lui ;


« Pas question de quoi ?


Lui demanda-t-il à voix basse.


« Tu ne vas pas chercher à résoudre çà ! »


Elle était sérieuse. Elle ne voulait pas d’interruption dans ses vacances. Il vit qu’il n’avait pas le choix, et surtout qu’elle n’aimerait vraiment pas ;


« Très bien. Je comprends, et tu as raison ! »


Elle poussa un soupir ;


« Je sais à quel point tu aime ton boulot ! Mais là c’est les VA-CAN-CES ! »


Elle insistât sur le dernier mot. Elle le regardait à présent comme un martyre regarde son tortionnaire, ce petit regard Max le connaissait, elle l’employait, sachant pertinemment qu’il ne pouvait y résister ;


« Ne t’inquiète pas ma chérie ! Ma mère s’était déjà occupé de ca de toute manière. Tout ce que je ferai c’est leur demander des détails. Il parait qu’ils viennent manger ici tous les soirs. »


Elle tordit la bouche, signe de réflexion chez elle, et finit par dire dans un souffle ;


« Ok »


Elle l’embrassa.


Une personne toussa, comme quand on a quelque chose dans la gorge, derrière Max et le couple relâcha son étreinte. Il se retourna et dit ;


« Je t’oubliais presque.. désolé… »


Sophie parut surprise mais la jeune fille en face d’elle lui disait quelque chose…


« …Sophie, je te présente Audrey ! »


Il s’écarta, laissant la voie libre entre elles puis tandis les bras vers l’une et vers l’autre. Elle s’embrassèrent et Sophie eu tout d’un coup un éclair de génie ;


« Ouiiiii, ta meilleure amie d’enfance… »


Puis elle tourna alternativement les yeux vers son mari puis elle ; 


« …c’est bien cela ? »


Ils étaient tous les deux surpris par cette expression si soudaine de sa part ;


« Oui oui, c’est bien cela ! Je suis ravie de faire ta connaissance ! Tu permets que l’on se tutoies ? »


« Mais bien sur voyons ! »


Les deux femmes avaient la même expression accroché au visage, souriante, joyeuse ;


« Audrey est l’instit’ du village ! »


Max osa jeter ces quelques mots entre les deux jeunes femmes qui semblaient a présent être hypnotisées l’une par l’autre ;


« Ce métier doit être passionnant ! S’occuper de l’éducation des enfants, quelle joie cela doit être ! »


Sophie parlait machinalement, elle était tellement contente de connaître une amie de Max. A la fac, là où il se sont rencontré, elle ne lui connaissait que très peu de relations. 


« Passionnant, …Joyeux, …oui ! Certains jours ! Après il faut faire avec le caractère de chacun. »


Elle se remit à sourire. Un sourire "entendu", qui signifiait que comme tous les métiers, il y a les hauts et les bas.


« Publiciste pour "Créat’MAG" et bientôt pour le "New VOGUE" ça ne doit pas être inintéressant non plus !? »


Hors contexte, on aurait dit que Vincent assistait à un match de tennis. Sa tête faisait des allés retour de l’une à l’autre. Il se sentait un peu à l’écart, mais il était ravis de voir que les femmes s’entendaient si bien.


« Comme on dit, il y a les aléas du métier, les couvertures a soigner, rechercher l’image que personne n’a put obtenir, et puis il faut supporter le rédacteur en chef ! »


Les deux femmes furent prisent par un fou rire ;


« Ho là là Max, je sens que je vais te piquer ta femme ! »


Max poussa un soupir ;


« Pfff… »


Et ajouta ;


« Allons nous asseoir va ! on sera mieux pour discuter. »


Sophie essuya les quelques larmes qui coulait des ses yeux et les suivis.


Le trio discuta encore pendant une heure, allant de l’enfance de Maximilien à son entrée à la fac.


 


Pendant ce temps, la salle se vida peu à peu des habitués du BAR.


Max s’était levé pour aider Damien, le serveur, à installer le nécessaire pour le dîner. Les gendarmes étaient repartis depuis un bon moment.


La salle était à moitié pleine. Des clients de l’hôtel pour la plus part.


Dans le font, à un bout de table, avachit sur sa soupe, une petite vieille que tout le monde connaissait sous le nom de Frozie, épiait la salle et son agitation.




Le coup de feu passé , Juan et Florence rejoignirent leur fils à sa table. Le courant semblait passer parfaitement entre ce qu’il avait appelé au milieu d’une des conversations de la soirée, "Les Deux Femmes de sa Vie".


Damien leurs apporta un digestif et s’assit avec eux ;


« Hummm… c’est celui de Mrodred ? »


Demanda Maximilien après avoir dégusté quelques gouttes du breuvage. Sophie et Audrey, méfiantes, mouillèrent uniquement leurs lèvres. Juan acquiesça en reposant son petit verre à liqueurs vide ;


« Il va avoir 90ans dans deux mois tu sais. »


Damien imitât son patron, puis se leva ;


« Mesdames, Messieurs je vous souhaite le bonsoir et la bonne nuit ! »


Juan se leva, lui serra la main et vint lui donner quelques tapes amical sur l’épaule.


Le jeune homme fit un sourire aux femmes et se tourna vers Max qui s’était également levé ;


« Bonne nuit Damien. »


Ils se serrèrent la main ;


« Bonne nuit Max, et encore merci pour le coup de main »


En guise de réponse il lui fit un clin d’œil.


Le serveur prit une veste derrière le BAR et sortit.  


Dehors, la nuit était noir,

la Lune de la veille était ce soir occultée par une importante couche nuageuse.


Damien se retourna pour fermer la porte. Qu’avait ’il vu ? Etait-ce le breuvage, un rayon de lumière qui avait percé au travers des nuages… ?


Il tourna la tête et tenta de distinguer à nouveau la lumière qu’il lui avait semblé voir dans une classe. Il se frotta un œil avec son poing et mit cela sur le compte de la fatigue, et partit.




« Mais qu’est ce que tu fais ??? »


« Ca ne m’étonne pas que la reine ait hésité avant de t’envoyer ici !!! »


Couchées par terre, deux jeunes femmes en tenaient une troisième fermement ;


« Laissez-moi !! »


Ordonna celle-ci., puis enchaîna d’une voix vive et perçante, très aigu ;


« Vous êtes sous mes ordres !! Lâchez-moi ! »


Elle devenait toute rouge ;


« Oui, nous sommes sous tes ordres… mais allumer la lumière dans un lieu bien en vue de la cible et sans précaution, c’est idiot !! »


« Ca va, ça va j’ai compris ! »


Les deux femmes relâchèrent leur étreinte.


L’une d’elle s’approcha des fenêtres et murmura en fermant les yeux ;


« Per umbram Lucis »


L’incantation fut répété à chaque fenêtres. Et dans la pénombre, elle leva légèrement sa voix douce, sur un ton rieur pour dire ;


« Voilà tu peux allumer maintenant Morgan »


Et la lumière fut. Mais c’était Vanina qui avait actionné l’interrupteur. Morgan restait plantée, les bras croisés, le regard bas et fuillant, les sourcils froncés tout en tapotant du pied. Puis elle dit ;


« J’attends des excuses… »


Ursula laissa échapper un rire nerveux ;


« HA HA ! »


Et s’empressa d’ajouter sur un ton nonchalant;


«  Mais bien sur… »


Et les deux guerrières dirent à l’unisson ;


« Nous t’excusons »


Ce qui déconcerta Morgane. Elle s’attendait a ce qu’elles implorent son pardon…


Mais au lieu de cela, elles s’esclaffèrent de rire.


Vexée par leur comportement et leur manque de respect, la jeune femme se mit à pleurer.


Elle sortit en courant.


Elles étaient ravies, plus besoin de faire du « gardiennage ».


Les deux guerrières étaient vêtues comme des humaines, petit pantalons, noir pour l’une et en jeans pour l’autre. Elles portaient toutes deux un débardeur noir.


Morgan, elle, portait la robe qui est due a son rang, semblable à celle d’Arylwren. Elle dévala l’escalier et se réfugia dans le premier bureau qu’elle trouva.




Au même instant, alors que les conversations allaient bon train dans le restaurant, Franque sortit des cuisines, la mine fatiguée, la démarche lourde, une serviette blanche maculée de sang séché sur l’épaule droite ;


« Notre cuistot’, Franque. Mon fils Max et sa femme Sophie »


Il fit le tour de la table, écrasa la main de Max, ne sentant pas sa force, et embrassa Sophie. A ce moment, la porte battante, accompagnée de son bruit si caractéristique du grincement de ses gons, se fit entendre à nouveau.


Alexandra entra. Florence prit la parole alors que Sophie sentit a nouveau ce haut le cœur ;


« Alex’ , avant de partir laisse moi te présenter mon fils Maximilien. »


La jeune femme évitait soigneusement de croiser le regard de Sophie, et dit d’une manière qui laissait percevoir un immense plaisir et énormément de joie, accompagné d’un grand sourire ;


« Bonsoir, enchantée !!! »


Heureux d’être accueilli par un tel enthousiasme, il se leva et tendit sa main à celle que lui offrait la jeune femme, et lui répondit ;


« Moi de même. »


Elle le contourna et, passa sa main sur l’épaule d’Audrey pour lui dire ;


« On y va ma chérie ? »


Tout en se relevant, l’institutrice lui répondit doucement ;


« On y va ! »


« Bonsoir tout le monde ! Et bonne nuit ! »


Les deux jeunes filles sortirent en se tenant par les hanches. Une fois sorties, elles s’embrassèrent.


Alex ouvrit les yeux quand elle subodora une présence. Les yeux fixés sur l’école, elle analysait méticuleusement chaque fenêtre, chaque porte…


Rien d’apparent..


Audrey relâcha son étreinte, la jeune femme reprit son sourire et la suivit.




« C’est elle !!! »


Les deux guerrières, malgré leurs protections magiques qu’elles croyaient sûres, s’étaient accroupies.


« Je crois qu’on a sous estimé le danger !! »


« Si  elle ,elle est là… c’est qu’il y en a d’autre ! »


« On dit qu’elle a reçu le soutien d’une sorcière et d’un belicius kabélum... ce sont de redoutable guerriers…»


«  Moi, c’est pas lui qui m’inquiète ! »


La peur pouvait se lire dans le ton de leurs voix ;


« Elle n’est déjà pas sympas, ni très loyale, alors imagine la sorcière qui l’accompagne… »


Les deux femmes ne semblaient pas rassurées…


Elle savaient pourtant que leurs peurs étaient perceptibles par les êtres qui se trouvaient sur la route de leur objectif. 


« Qu’est-ce qu’on fait ? On abandonne la position et on revient en force.. ? »


Ursula semblait moins apeurée que sa sœur ;


« Non, on ira demain soir… A la nuit tombée… on enverra Morgane.. »


Elle réfléchissait à un plan tout en parlant ;


« ..On, … on passera par derrière tandis qu’elle passera par devant.. et.. et il faudra qu’elle serve d’appât... »


« C’est risqué ! »


« Pour elle, oui ! »


Vanina n’était pas rassurée pour autant ;


« Ok la reine ne l’a pas toujours à la bonne mais tout de même… »


« …C’est pour ça que l’on se séparera !... »


Elle venait de lui couper la parole. Et réfléchit à nouveau ;


« ..Je monterai voir le Prince et toi tu prendra à revers les adversaires éventuels de la petite. »


« En espérant que ce ne soit que le kabélum. »


Elle était d’accord pour le plan, même s’il était très risqué. Mais elle aurait tout de même préféré revenir avec du renfort.


Morgan était à présent recroquevillée sur une chaise de bureau qui semblait très confortable. Sur ce même bureau, on pouvait lire :



Eric MARFINO


MAIRE







Autour de la grande table de restaurant, Franque s’était assoupit, la tête jetée en arrière, la bouche grande ouverte et les mains repliées sur la poitrine. S’il n’y avait pas eut les ronflements gargantuesques, on aurait put le croire le mort.


Maximilien, atténué par la route, l’heure avancé et l’alcool, regardait le fond de son verre.


Sophie, tout aussi énergique se pencha à son oreille en lui agrippant le bras gauche ;


«  On va se coucher.. »


Une phrase à mi chemin entre l’ordre direct et la question de politesse.


Il prit une grande respiration, plissa le front comme s’il devait prendre une grande décision et dit ;


« Oui »


Dans un petit souffle.


Florence regarda les tourtereaux et donna un coup de coude à son mari, ce qui le fit sortir de son état de somnolence, dans lequel il se trouvait, dans un sursaut qui réveilla en même temps le cuisinier.


Max dit ;

 « on va se coucher »


En suivant ses paroles d’un bâillement.


« bonne nuit »


Dit Sophie.


« Reposez-vous bien les enfants ! »


Ils entamèrent l’escalier quand Florence chuchota à son mari ;


« Ils ne te rappellent pas notre jeunesse ? »


Arrivée en haut, max embrassa sa femme et tout en marchant dans le couloir menant à leur chambre il lui dit en pausant délicatement sa tête contre la sienne ;


« Quand ma mère va-t-elle finir par comprendre que nous ne sommes plus des enfants… »


Ce qui fit rire Sophie.